RAPPORT D’ACTIVITE de l’AMICALE d’EYSSES AU CID

RAPPORT D’ACTIVITE de l’AMICALE d’EYSSES AU CID

L’’Amicale d’Eysses a été créée le 19 mai 1945. 75 ans après, nous vivons un contexte de passage de la mémoire directe à l’histoire. En 2018, nous avons donc agi en ce sens.

 

Nos forces

130 adhérents couples ou personnes seuls à jour de leurs cotisations, soit 250 adhérents répartis sur tout le territoire national.

Nous recevons de nombreux dons

A ce jour, 15 anciens d’Eysses sont adhérents de notre association.

Le Bulletin d’Eysses trimestriel est diffusé à 700 exemplaires

Une dizaine de membres actifs, répartis sur le territoire, font vivre l’association, en contact régulier par courriels ou réunions téléphoniques et constituent de fait le bureau de l’association.

Des liens renforcés avec l’ANACR et la Fondation de la Résistance, d’autres réguliers avec nos partenaires : FNDIRP, AFMD, MRN.

 

Les points forts de 2018 

 

Déroulement de la 74èmecommémoration à Villeneuve-sur-Lot

Deux éléments ont marqué cette commémoration : la présence, à notre invitation de Madame Darrieussecq, Secrétaire d’état auprès de la Ministre des armées, venue rendre un hommage national aux résistants d’Eysses.

 

Cette cérémonie devant le Mur des fusillés s’est déroulée devant un public particulièrement nombreux, en présence de deux anciens d’Eysses (Jacques Chantre et Guy Gautier), du Consul général d’Allemagne, des députés du département, du sénateur et des maires d’Oradour-sur-Glane, Lacapelle-Biron et Penne d’Agenais.

Les participants à la cérémonie ont pu accéder directement dans la cour des fusillés, grâce à l’ouverture du Mur. Cette ouverture représente un pas important vers la réalisation d’un véritable mémorial d’Eysses autour du Mur des fusillés.

A l’occasion du 74èmeanniversaire, nous avions également organisé une projection débat du film « Das Reich, une division SS en France », en présence de la coauteure du film et du maire de Lacapelle-Biron, devant un auditoire nombreux et particulièrement attentif.

Une cérémonie s’était également déroulée à Penne d’Agenais, avec le Comité ANACR local et en présence du maire de Penne, devant le Wagon du souvenir et la salle de mémoire de la gare, alors en cours d’aménagement.

 

Ravivage de la flamme à l’arc de tromphe le 27 mai

Chaque année, notre association participe au ravivage de la flamme sur la tombe du soldat inconnu, le 27 mai, journée nationale de la Résistance avec la Fondation de la Résistance. A la demande de notre association, en 2018, Eysses a été plus particulièrement mise à l’honneur puisque c’est Villeneuve-sur-Lot qui était la ville associée à la cérémonie. Celle-ci s’est déroulée en présence du Maire, Patrick Cassany et du député, Olivier Damaisin, de nombreux portes-drapeaux et membres d’associations d’anciens combattants, de jeunes Villeneuvois qui avaient pu dans la journée visiter les Invalides et le musée de l’Ordre de la Libération.

 

 

 

Inauguration du Pôle mémoire de Penne d’Agenais

Le Pôle mémoire de Penne d’Agenais a été inauguré le 9 juin 2018 par Jacques Chantre (ancien déporté/résistant d’Eysses), accompagné par la sous-préfète, le sénateur, le député et le maire de Penne, en présence d’un public nombreux. Ce projet a pu être mené à bien en commun avec le Comité ANACR de Penne et de son président, Guy Victor, initiateurs du Wagon du souvenir. Notre objectif est maintenant, avec l’ANACR et le Comité du souvenir, de pouvoir accueillir des classes de collèges et de lycées dans cet ensemble mémoriel (Pôle mémoire, Wagon du souvenir, Mur des fusillés) .

 

dEysses2018

 

A l'occasion de la 74ème commémoration d'Eysses, Madame Darrieussecq,

Secrétaire d'Etat auprès de la Minisre des Armées

a rendu un hommage national aux résistants d'Eysses, déportés à Dachau, devant le Mur des fusillés, le 25/03/2018 :

"L'hommage de la Nation et de la République à ceux qui ont lutté contre la barbarie nazie, à ceux qui dans les heures sombres ont su dire non, à ceux qui lorsque la liberté était perdue en ont fait leur principal étendard."

 

 

Site officiel

headereysseseysses

Site officiel de l'Association nationale

pour la mémoire des résistants

et patriotes emprisonnés à Eysses.

Histoire de la prison d'Eysses

Histoire de la prison d'Eysses à Villeneuve-surLot

 

Le Centre de détention d'Eysses est installé dans un des plus vieux quartiers de Villeneuve-sur-Lot : l'ancienne abbaye bénédictine, qu'il occupe en partie est en effet elle-même construite sur les ruines d'une ville gallo-romaine : EXCISUM (érigée probablement en 58 avant J.C)

Cette abbaye vendue comme bien national à la Révolution, devint en 1803 l'une des premières maisons de réclusion ouverte en France. Elle accueillit les condamnés à de longues peines jusqu'en 1895.  Le 2 juin 1895 elle fut transformée en colonie correctionnelle destinée aux mineurs délinquants. Le décret du 31 décembre 1927, par volonté de gommer le plus possible le caractère pénal de cet établissement, transforma le nom en celui de maison d'éducation surveillée. Eysses continua d'accueillir des pupilles jusqu'en septembre 1940, date à laquelle l'établissement reçut des détenus politiques, avant de devenir en 1943 un lieu de répression stratégique : la plus vaste concentration de prisonniers politiques (résistants) de toute la France. Après avoir accueilli des collaborateurs en 1945 dans le cadre de l’épuration et connu les révoltes carcérales de 1974, elle reste aujourd’hui un centre de détention.

France Eysses archive

archive

 

headereysses

Ringeval19 janvier 2013 :
Décès de Jean Ringeval,
ancien d'Eysses,
déporté à Dachau puis à
Allach sous le matricule 73944

 


Jean Ringeval, né à Douai le 9 octobre 1923, entre très jeune dans la résistance Après avoir quitté Paris, il se retrouve en Dordogne dans un premier groupe dit «les sangliers». Devant l'arrivée importante de nombreux jeunes résistants FTP et de réfractaires au STO, ce groupe s'est fondu dans le maquis «Mireille» premier maquis de l'Armée secrète en Dordogne. Ce maquis modèle des MUR chargé de libérer Bergerac et Périgueux et de faire diversion sur les colonnes allemandes, comportait une école d'artificiers et une école de cadres. Fort de 250 hommes, il est attaqué par les GMR et doit se scinder en petits groupes de 50 hommes dont les groupes «Cerisier» et «Roland» auquel appartient Jean Ringeval. Le 17 septembre 1943, le groupe est encerclé et attaqué par la police française et la milice de Vichy dépendante des chefs régionaux SS et pourvue d'armements et de munitions puisées sur les réserves de la Wehrmacht. Commence alors pour Jean Ringeval un long périple: les prisons de Périgueux et de Limoges puis la centrale d'Eysses à Villeneuve-sur-Lot où il est incarcéré au préau i sous le matricule 3345. Le 19 juin 1944, il est livré par la milice qui contrôle la prison avec 1480 autres résistants du bataillon FFI à la division « das Reich ». Il est déporté depuis la gare de Penne d'Agenais via Compiègne à Dachau et Allach.

jeanringevalplaque

Président d'honneur de l'amicale d'Eysses, il s'est éteint à l'hôpital d'Arras le 19 janvier 2013. À présent, il repose en paix sur la terre de ses parents près de Douai mais reste présent dans nos cœurs. Nous saluons sa compagne, ses enfants, ses parents et ses amis unis dans la peine.
Nous revoyons son sourire, son regard si tendre et bienveillant, attentif à l'autre, sa stature impressionnante, sa bonhomie, son amour de la vie. Homme de principe, bon et généreux avec les siens, un vrai gentil qui avait foi en l'Homme malgré ce qu'il avait connu. Il aimait jardiner dans son potager, faire ses courses et se balader au marché, discuter en écoutant Sydney Bechet, préparer du chocolat chaud et lire à l'heure de la sieste les fables de La Fontaine en vieux français.
C'était un homme pour qui l'autre comptait, un homme d'échanges, de bons conseils. Il aimait l'Histoire, les histoires, il en faisait partie: des histoires d'enfance, des histoires
de résistance, de déportation, des histoires de conviction, des histoires d'amitiés, de fraternité. Il avait le goût du verbe, le goût de la vie, de la bonne table et du bon vin. Il avait le sens des vraies valeurs, de la famille, de l'amitié. Il aimait transmettre l'histoire et les idéaux de la Résistance : aimer, donner, partager.
En 2006, Jean Ringeval constatait que malgré les disparitions ou la maladie des anciens déportés, le travail de mémoire avançait, toujours avec cette idée de faire vivre l'histoire, de faire connaître les tribunaux spéciaux de Pétain, l'univers carcéral, les combats solidaires à Eysses, l'humanité, la fraternité, la tolérance et le respect maintenu malgré le travail forcé jusqu'à l'épuisement dans les camps et Kommandos de l'enfer nazi ; transmettre l'idée que la résistance passait par l'entraide, le partage de bouchées de pain, de cuillerées de soupe, accompagnées de paroles de réconfort; l'idée du sens de l'exemplarité de cette attitude humaine pour les générations actuelles malgré leurs difficultés réelles.
Lutteur de vie, il a lutté jusqu'à son dernier souffle pour faire connaître ce combat de la résistance qui était le sens de toute sa vie, de sa jeunesse communiste, de son engagement aussi bien à travers l'histoire d'Eysses que celle de Dachau, l'enfer nazi où il connut le meilleur et le pire de l'être humain, la solidarité et la fraternité. Pour cela, il allait témoigner dans les établissements scolaires.
Il a éprouvé la rage de la liberté, il a rêvé d'une France meilleure, plus belle. Cheville ouvrière de l'amicale des résistants d'Eysses déportés à Dachau, il a fortement contribué à la réalisation des livres consacrés à cette histoire car jusqu'au bout il a voulu témoigner de cette histoire incroyable résumée dans une fête de la jeunesse en janvier 1944 juste avant leur insurrection derrière les hauts murs d'une prison de Vichy, cette dictature de l'état français, avec des banderoles, des mots d'ordre sur la France libre et un portrait de De Gaulle. Cette photo témoignage résumant à elle seule tout ce qu'ils ont été capables, d'obtenir, d'arracher, de négocier pour vivre mieux, s'éduquer, se faire respecter en tant qu'hommes et tenter de retrouver la liberté afin de continuer leur combat pour libérer la France. Il était de ceux qui sont prêts à mourir pour la liberté. Même si le temps est assassin, nous aimerions qu'il y ait des milliers, des millions d'êtres humains, oui terriblement humains, comme lui. Merci Jean Ringeval pour ta belle leçon de vie.