Président du Comité International de Dachau

Allocation

This image for Image Layouts addon


Général Jean-Michel THOMAS 

2 Mai 2021.

Cette année encore nous avons accompagné à distance les autorités qui au 76ème anniversaire de la libération du camp de concentration de Dachau, se sont inclinées avec ces nombreuses gerbes à la mémoire de toutes les victimes
Notre monument invoque l’exemple de ceux qui furent exterminés dans la lutte contre le nazisme et appelle à l’union des survivants pour la défense de la Paix, de la liberté et du respect de la personne humaine. Se recueillir en pensant aux objectifs ambitieux de cette exhortation est un exercice utile.
Pour saluer les progrès accomplis depuis 1945, sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies. A Dachau, la maison mère du système concentrationnaire, les détenus n’étaient pas reconnus comme des personnes humaines, ce n’étaient que des « Stücks ». La reconnaissance de la dignité de la personne a progressé dans le monde. Il reste pourtant encore de graves inégalités dans les droits des personnes, notamment entre l’homme et la femme.
Nous devons aussi rester en éveil face aux nouvelles menaces.
Et d’abord devant le virus du nazisme, qui, comme celui de la COVID, n’a pas disparu et tue toujours. Les fantasmes de forums extrémistes voient dans cette pandémie le miroir d’un monde occidental et libéral sur les décombres duquel doit s’ériger un nouvel ordre « sain » et « racialement » purifié. Certains comptent sur l’effondrement des états démocratiques en Europe, et envisagent de l’accélérer par des attentats ciblés. C’est également le but de l’islamisme radical.
A côté de la résurgence de l’antisémitisme que nous déplorons depuis longtemps, le discours de la race n’a pas disparu non plus. Il réapparait aujourd’hui avec la « racialisation, » dans l’étude des rapports sociaux de domination, avec ce qu’ils comporteraient comme caractère racistes. La « race » devient alors une construction sociale. Des ateliers de réflexion non mixtes sont ainsi organisés. Cette légitimation des catégories, c’est-à-dire des races, est un phénomène nouveau et choquant. Le danger de dérive, alimentant le racisme, est toujours présent.
Enfin un autre phénomène venu d’outre-atlantique, se répand dans les universités du monde entier, celui du woke et de la cancel culture.
Le but est louable, les intentions sont bonnes : il faut débusquer les injustices sociales. Mais les idées sont mauvaises quand elles conduisent à une dérive idéologique dangereuse. Il convient donc de dénoncer cet ostracisme qui au nom du bien mène à la désintégration sociale. Cette doctrine interdit en effet la tolérance des désaccords et refuse l’idée fondamentale du libéralisme, à savoir l’autorisation de cohabitation de deux valeurs opposées.
Cette culture de la contestation sectaire a déjà des conséquences dramatiques au pays de la libre parole. Avec les réseaux sociaux, elle a quitté le champ strictement universitaire avec un risque de restriction de la liberté d’expression devant ce qui devient une dictature de l’opinion.
Trois menaces, trois alertes.
En union avec les survivants du camp de Dachau qui nous accompagnent ainsi qu’avec les libérateurs américains dont Dee Eberhart que nous avons honoré hier, restons vigilants.
Je vous remercie de votre attention.

video youtube.

En regardant la vidéo, vous acceptez le consentement des cookies de youtube.

Allocation du Président du Comité International de Dachau (

play-iconr.png